Une retraite décente en 2050, rêve ou réalité ?

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Le 9 octobre 2019 est sortie l’étude du Crédit Suisse portant sur les caisses de pension suisses 2019 qui analyse sous tous les angles l’avenir du deuxième pilier. En effet, selon cette étude, les rentes AVS et celles du 2ème pilier chuteront ces prochaines années, ce qui aura des répercussion sur niveau de vie de la population à la retraite. Les rentiers ne devraient plus que toucher moins de la moitié de leur dernier salaire. Simply Conseils s’est penché sur cette problématique complexe pour vous résumer les points essentiels à retenir.

L’âge de la retraite repoussé ?

En 2025, la proportion de retraités par rapport à la population âgée de plus de 24 ans sera de 38% contre 25% actuellement. Bientôt, il y aura proportionnellement plus de gens à la retraite que des gens qui travaillent. La proportion de la part du capital de prévoyance des bénéficiaires de rentes passera de 45% à 57% en 2045. A cause de cette évolution démographique particulière, la tolérance au risque, c’est-à-dire, les pertes financières que les caisses de pension peuvent supporter va baisser.

Aujourd’hui, en outre des taux d’intérêt relativement bas, les rentes sont maintenues grâce aux hauts rendements des dernières années et un taux de conversion élevé de 6,8%, qui est cependant, lui aussi en baisse. De plus, le taux d’intérêt rétroactif appliqué sur les avoirs de vieillesse est bien plus élevé sur les rentes des retraités actuels que celui de la population active actuellement.

Et pour complexifier le tout, il ne faut pas oublier de prendre en compte aussi l’évolution du coût de la vie et des salaires. C’est pourquoi l’idée de repousser la retraire est très souvent avancée, car cela permettrait de maintenir le système de prévoyance professionnelle viable plus longtemps.

Les revenus supérieurs plus touchés

Ce contexte économique et social précis aura un impact direct sur le taux de remplacement, qui est le rapport entre le dernier revenu et le montant des rentes des premier et deuxième piliers. Concrètement, en 2010 un retraité touchait 57% de son dernier salaire, il ne touchera plus que 46% de son dernier salaire en 2025. Cet écart augmente encore pour les hauts salaires. La rente passe de 51% en 2010 à 37% du dernier salaire en 2025.

L’écart est plus faible pour les bas salaires, car la rente du 2ème pilier dans le revenu est inférieure à celle de la rente AVS et le taux de conversion minimum stabilise la situation. Alors que pour les hauts salaires, c’est le deuxième pilier qui constitue la majeure partie de la rente. Dès lors, tout changement se fait ressentir plus fortement.

Des caisses de pension sous tension

Une manière d’augmenter sa rente à la retraite est de verser volontairement des cotisations d’épargne plus élevées au 2ème pilier, mais encore faut-il que leur employeur leur en donne la possibilité.

Avant les années 2000, les rendements sur les marchés des capitaux des caisses de pension représentaient 46% de la fortune de prévoyance des retraités. A cette époque, 54% du montant venaient des cotisations des employés et de leurs employeurs. Fin 2017, le pourcentage provenant des rendements ne dépassait plus les 26%.

En tenant compte de l’évolution de la société, c’est la tolérance au risque lors des investissements qui sera à surveiller de près, mais selon les projections de l’étude, les caisses de pension auront la marge de manœuvre nécessaire pour maîtriser les répercussions sur la prévoyance professionnelle.

Un troisième pilier pour compléter les lacunes

Un autre moyen de conserver son niveau de vie à l’âge de la retraite tout en payant moins d’impôts durant la vie active et qui vient soutenir la rente AVS et les économies individuelles est la constitution d’un troisième pilier lié 3a. Ce dernier permet aussi de devenir propriétaire plus aisément dans certains cas et protéger sa famille en cas de décès avant l’âge de retraite, le montant signé lors du contrat étant garanti pour les héritiers en cas de 3a lié à une assurance-vie.

En 2019, un employé pourra y mettre au maximum 6’826 CHF et un indépendant qui n’a pas de 2ème pilier, 34’128 CHF au maximum. Pour augmenter le rendement du 3a sur le long terme, il est possible d’investir une partie épargnée dans l’achat de titres, c’est la prévoyance-titre 3ème pilier.

Afin d’atteindre vos objectifs de prévoyance, Simply Conseils vous recommandera parmi une large palette de solutions quelle formule de 3e vous convient le mieux en fonction de votre profil d’épargnant et de vos besoins.

Un assouplissement du 3E pilier est à étudier

Selon une étude de Credit Suisse, les femmes pourraient avoir plus de marge de manœuvre si le 3e pilier était plus souple.

Un accès plus flexible au 3e pilier pourrait permettre de mieux combler les «trous de cotisations» dus aux aléas de la vie et de bénéficier d’une retraite plus confortable, suggère une étude de Credit Suisse. Les femmes notamment auraient plus de marge de manoeuvre.

Environ 55% des salariés suisses cotisent régulièrement au 3e pilier (prévoyance privée 3a), une épargne déductible des impôts qui complète, de façon facultative, le 1er pilier (AVS) et la prévoyance professionnelle obligatoire (2e pilier), selon les chiffres officiels de 2015 mis en lumière jeudi par Credit Suisse.

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